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15 novembre 2006

Inégalités scolaires : étude de l’INSEE

On trouvera l’intégralité de cette étude à la page : http://www.insee.fr/fr/ppp/publications/ficref_frame.asp ?ref_id=FPORSOC06&webco=FPORSOC06&lien=1

Malgré la forte baisse des redoublements depuis 20 ans, "l’école élémentaire reste marquée par d’importantes disparités sociales de retard scolaire et de réussite aux évaluations nationales", en partie liées aux origines des enfants, indique une étude conjointe de l’INSEE et du ministère de l’Éducation nationale sur "les inégalités de réussite à l’école élémentaire", rendue publique aujourd’hui jeudi 9 novembre 2006. Selon cette étude, plusieurs facteurs peuvent expliquer le maintien de ces inégalités : dès le CP, les différences sociales sont fortes entre les élèves, les progressions à l’école élémentaire diffèrent selon le milieu d’origine des élèves, la scolarisation à deux ans n’a que peu d’effets sur la réussite des élèves et les élèves qui redoublent parviennent rarement à se redresser.

La baisse des redoublements, forte entre les années 1960 et les années 1990, s’est poursuivie avec la mise en place de la politique des cycles en 1991, note l’INSEE. 83% des élèves entrés au cours préparatoire en 1997 sont parvenus en 6ème à l’heure ou en avance contre seulement 66% des écoliers qui avaient commencé l’école élémentaire en 1978. En 20 ans, la proportion d’élèves ayant redoublé une fois à l’école élémentaire a diminué de moitié, et celle d’élèves ayant redoublé deux fois plafonne à 1% contre 9% en 1978.

COMPÉTENCES DIFFÉRENCIÉES SELON LE MILIEU SOCIAL

Ces évolutions positives concernent davantage les écoliers de milieux défavorisés. Les deux tiers des enfants d’ouvriers non qualifiés arrivent aujourd’hui en sixième sans redoubler ou en avance. Ils n’étaient que 50% à avoir un tel parcours en 1978. Les enfants d’inactifs, "particulièrement vulnérables au retard scolaire", sont 58% à arriver à l’heure en 6ème contre 50% en 1978. De leur côté, les enfants d’enseignants et de cadres améliorent encore leur performance : les enfants d’enseignants étaient 94% en 1978 à arriver sans redoubler en 6ème, ils sont aujourd’hui 97%. Pour les enfants de cadre, cette proportion s’élève à 94% contre 91% en 1978.

Dès le cours préparatoire, les élèves arrivent avec des compétences très différenciées selon leur milieu social. Aux épreuves d’évaluation de CP, 70% des enfants de cadre et presque 80% des enfants d’enseignants font partie de la moitié des élèves qui réussissent le mieux. La proportion d’enfants d’ouvriers non qualifiés s’élève à 30% et celle d’enfants d’inactifs à 20%. Conséquence : l’accès sans redoublement en 6ème et les acquis en français et en mathématiques sont très liés au niveau de compétences à l’entrée au CP : les 10% des élèves les plus faibles n’ont qu’une chance sur 3 d’arriver sans redoubler en 6ème ; à l’inverse les 10% des élèves les plus forts ont 99% de chances d’y parvenir.

L’école élémentaire ne parvient pas à gommer ces inégalités qui se creusent au fur et à mesure de la scolarité : à compétences comparables à l’entrée en CP, les enfants de cadres et de professions intermédiaires obtiennent aux évaluations de 6ème de meilleurs résultats en français que les enfants d’ouvriers. 57% des enfants de cadres réussissent les évaluations de français en 6ème contre seulement 27% des enfants d’ouvriers. Ainsi, les différences de compétences à l’entrée au CP n’expliquent que pour moitié les inégalités sociales de réussite au début de la 6ème. "La marge de manœuvre de l’institution scolaire est beaucoup plus importante à l’école élémentaire qu’au collège. Il faut donc recentrer les mesures de remédiation à ce niveau", en conclut Jean-Paul Caille, de la DEPP (direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance) du ministère de l’Éducation nationale, auteur de ce travail.

LES ENFANTS D’IMMIGRÉS PROGRESSENT DAVANTAGE

L’étude s’intéresse également aux mesures de politique éducative tendant à rallonger la durée de la scolarité à l’école, qu’il s’agisse de la scolarisation à deux ans ou du redoublement. Dans les deux cas, ces mesures sont sans effet sur la réussite des élèves, voire contre-productives pour le redoublement.

Pour les enfants scolarisés à deux ans, leur avantage s’érode au cours de leur scolarité : ils sont 57% à avoir atteint la moyenne à l’évaluation en CP contre 48% pour les enfants scolarisés à 3 ans ; ils ne sont plus que 54% à avoir atteint la moyenne à l’évaluation de maths en 6ème contre 50% pour les enfants entrés à 3 ans à l’école. Enfin, 86% des élèves scolarisés à deux ans arrivent à l’heure en 6ème contre 82% des enfants scolarisés à 3 ans. Quant aux redoublants, ils ont beaucoup de mal à se redresser au cours de leur scolarité. Ils ne sont que 10 à 25% à figurer parmi la moitié des élèves qui réussissent le mieux aux épreuves d’évaluation de 6ème.

Les inégalités restent également importantes pour les élèves de ZEP (zones d’éducation prioritaire). "À niveau de compétences à l’entrée au CP comparables, les écoliers scolarisés pendant toutes leurs études élémentaires dans une école de ZEP quittent l’école élémentaire avec des acquis en français et en mathématiques plus faibles que les autres élèves." Ils ne sont que 26% à atteindre la médiane en français aux évaluations de mathématiques de 6ème. Autre enseignement de cette étude, à situation sociale comparable, les enfants d’immigrés progressent davantage au cours de la scolarité élémentaire que les autres enfants.

 

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