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SNUipp-FSU 65

9 octobre 2008

Quels dispositifs retenir pour la mise en oeuvre de l’aide personnalisée ?

par Roland Goigoux

PREMIERE PARTIE : QUELQUES PRINCIPES QUI GUIDENT NOS PROPOSITIONS

I. La circulaire du 19 juin 2008 Le conseil des maîtres propose l’ensemble du dispositif (repérage des élèves, organisation hebdomadaire, modalités d’évaluation des progrès des élèves) à l’IEN pour validation. Le maître repère les élèves et met en oeuvre le dispositif dans la classe. Le premier des moyens est la différenciation pédagogique dans la classe pendant les 24 heures.

2. Les conceptions du groupe de recherche

- La poursuite de la différenciation : ces deux heures sont le prolongement de l’aide différenciée mise en place dans la classe ;

- Une aide « ordinaire » pour des difficultés « ordinaires » (différente de l’aide spécialisée du RASED) ; ¬

- Un premier effet structurel du fait de la réduction de l’effectif et de l’homogénéité accrue ;

- Une double réflexion sur les tâches et sur le rôle de l’enseignant ;

- « ordinaire » : il s’agit de conserver des tâches ordinaires, ce n’est pas de l’innovation pédagogique ;

- Un second effet : faciliter l’innovation en capitalisant les savoir-faire de notre métier et en transmettant cette expérience professionnelle.

3. Une aide personnalisée ?

Oui si il y a une décision pour chaque enfant ;

Oui si il s’agit d’augmenter les interactions individualisées au sein d’un petit groupe ;

Non car ce n’est pas un scénario « sur-mesure » : les difficultés des élèves dans leur majorité se ressemblent.

Non, s’il s’agit de proposer seulement des évaluations bilans pour repérer les difficultés alors qu’on peut AUSSI les observer lors de tâches de résolutions de problèmes, en repérant les procédures utilisées.

DEUXIEME PARTlE : LES PROPOSITIONS

Le groupe de recherche de Roland GOIGOUX a élaboré sept familles d’aides fondées sur une analyse des difficultés les plus fréquentes.

I. EXERCER

Systématiser (travail intensif), automatiser :

Souvent les élèves ont découvert le mécanisme mais ils ne l’ont pas suffisamment intégré. Il convient donc de les entraîner. Exemples : La lecture à haute voix avec retour en arrière, relance directe et immédiate. Le calcul mental

2.REVISER

Synthétiser, préparer une évaluation commune :

Il est intéressant avec ces élèves de reformuler ce qui a été fait dans la journée. On peut aussi réviser en vue d’un contrôle pour éclaircir ce qui va leur être demandé, ce qu’ils savent, ce qu’ils ont compris. On les met ainsi dans des conditions où ils peuvent avoir la certitude de réussir parce qu’ils savent ce qu’on attend d’eux. Exemple : Retour sur une leçon d’histoire et discussion sur ce qui a été retenu, ce qui est important, sur les questions qu’ils imaginent qu’on pourrait leur poser. . .

3.SOUTENIR

Accompagner I observer l’élève au travail sur la tâches ordinaires, étayer leur réalisation ; verbaliser la objectifs, les contenus, les procédures :

Nous sommes dans le langage d’accompagnement d’action : il s’agit de mettre des mots sur ce qui est en cours, ce qui permet de lever les malentendus des élèves sur les enjeux de l’apprentissage. S’ils se méprennent sur ce qu’est la cible, ils n’atteindront pas l’apprentissage. Exemple : la dictée à l’adulte.

Nous repérons les opérations requises pour produire un texte :

a) prévoir : définir intention et destinataire ;

b) planifier : décider des idées et de leur organisation ;

c) énoncer : choisir les mots pour exprimer ces idées dans la langue de l’écrit ;

d) inscrire : transcrire l’énoncé oral

e) éditer

f) comprendre l’effet produit par le message.

Toutes ces opérations demandent un niveau d’habileté différent. Les réponses à la difficulté ici sont à trouver pas à pas. Nous pouvons alléger les tâches et travailler, lors de l’aide personnalisée, sur ce dont ont besoin les élèves à ce moment de l’année (le passage de l’oral à l’écrit, par exemple).

4.PREPARER

Réunir les conditions de la compréhension de la future séance collective (différenciation en amont)

Les élèves sont mobilisés lorsqu’ils savent que l’apprentissage est à leur portée, que ça va « payer », qu’il y a suffisamment de connu pour accepter la petite part d’inconnu. Par le biais de l’aide personnalisée, ils bénéficieront mieux des temps communs. Exemple : préparer une lecture à haute voix du lendemain en racontant (utilisation de l’oral avant l’écrit) ce qui va se passer. Les élèves ont alors une représentation mentale de l’histoire et se trouveront confrontés à un langage écrit avec une référence commune.

5.REVENIR EN ARRIERE

Reprendre les bases, combler les « lacunes »

Ce qui est important pour l’enseignant c’est de cibler les priorités à traiter, de trouver les difficultés décisives. Exemple : la copie différée : on considère souvent que les élèves ne sont pas attentifs. Or, leur difficulté peut provenir de différents niveaux : l’habileté motrice peu développée, la méconnaissance de certaines graphèmes… Ce n’est donc pas toujours un problème de comportement, ce peut être un manque à un moment de l’apprentissage qu’il faudra combler.

6.COMPENSER

Enseigner des compétences requises mais non enseignées (procédures et stratégies transversales ou spécifiques)

Certaines compétences semblent aller de soi ; pourtant, elles nécessitent un enseignement. Exemple : la lecture d’un tableau à double entrée : quels sont les pré-requis pour lire un tableau à double entrée ? Pourquoi les élèves se trompent-ils ? Nous pouvons les aider en remontant les hypothèses des chemins par lesquels ils passent.

7.FAIRE AUTREMENT

Enseigner la même chose, autrement (ou par quelqu’un d’autre)

Mettre en place ce dispositif avec l’aide personnalisée suppose de rendre l’enseignement plus explicite : Dire : expliciter les apprentissages visés, les connaissances disponibles antérieures ¬nécessaires ; Montrer : exécuter publiquement la démarche à accomplir et verbaliser le raisonnement qui l’accompagne ; Guider : aider les élèves à expliciter leurs procédures en fournissant une rétroaction appropriée.

 

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