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19 mai 2008

Trop, c’est trop !

Quelques mises au point face à la propagande « anti-profs »

Non ! les professeurs des écoles ne sont pas payés pour être en vacances et ils ne se roulent pas les pouces une fois la porte de leur classe refermée ! Leur temps de travail comprend un temps de service de 26 heures devant les élèves plus 1 heure pour les réunions institutionnelles et un temps de préparation, de documentation, de conception et de correction nécessaire à la qualité de l’enseignement. Le dernier rapport, Rapport Roché, commandé pour apprécier la durée réelle du temps de travail des professeurs d’école date de 1999. Il établit que celle-ci peut être estimée à 38 heures en moyenne, plus pour les débutants.

Pour ce qui concerne les vacances, les professeurs d’école ont, comme tous les salariés 5 semaines de congés payés sur les 9 semaines de vacances d’été. Les 4 semaines d’été restantes ne sont pas payées. Elles servent à « rattraper » les petites vacances (Toussaint, Noël, hiver, printemps), soit 30 jours ouvrés durant l’année scolaire. Le traitement des professeurs d’école est annualisé depuis belle lurette. Ils sont rétribués pour 10 mois de travail par an et cette somme est répartie sur 12 mois (Par exemple, si un inspecteur des impôts est payé 2000 euros par mois, il percevra 24 000 euros par an ; alors que pour la même qualification, un enseignant recevra aussi 2000 euros par mois mais sur 10 mois, soit 20 000 euros par an… cette somme est ensuite divisée par 12 et donne 1667 euros par mois).

Alors ! Fainéants, trop payés et toujours en vacances les « instits » ? Sans compter que pour un temps de travail exempté des 35 heures et autres RTT, le salaire de départ d’un professeur d’école qui était 2 fois supérieur au SMIC en 1970 est actuellement 1,2 fois plus élevé que le SMIC tandis que le pouvoir d’achat de ce salaire minimum ne cesse de baisser. A l’heure qu’il est, le gouvernement tente de jouer la carte des parents d’élèves, de « l’opinion » en général, contre les enseignants ; usant habilement des idées reçues qui entourent notre profession, plus par méconnaissance que par réelle hostilité d’ailleurs.

Le 22 mai 2008, les confédérations et les fédérations de l’Education Nationale appellent à une journée de grève intersyndicale et interprofessionnelle public-privé pour défendre l’avenir des retraites par répartition et s’opposer à l’augmentation de la durée de cotisations. Là aussi, quelques poncifs méritent d’être corrigés. La retraite des enseignants, comme celle de tous les fonctionnaires d’état, relève d’un régime spécial défini par le « code des pensions civiles et militaires de retraite ». Elle n’est pas financée par les cotisations des autres salariés. Il s’agit d’une pension inscrite au budget de la nation. Elle fait partie intégrante du budget de l’état. C’est une allocation pécuniaire personnelle accordée en reconnaissance des services accomplis. Le montant de la pension tient compte du niveau, de la durée et de la nature des services accomplis. Il garantit en fin de carrière à son bénéficiaire des conditions matérielles d’existence en rapport avec la dignité de sa fonction.

Toutes les attaques dont nous sommes la cible, au niveau de notre intégrité professionnelle, de nos conditions de travail, de notre pouvoir d’achat comme sur l’avenir de nos pensions, visent le démantèlement de notre statut de fonctionnaires d’état. La réforme de l’état est en marche depuis plusieurs années et la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP) porte largement l’idée, chère à Nicolas Sarkozy, que le statut de fonctionnaire ne soit plus réservé qu’à certains domaines de l’action publique. Il s’agit des fonctions « régaliennes » de l’état (armée, police, justice).L’éducation n’en fait pas partie, ainsi que la santé, le logement et le travail. Le 15 mai dernier, à l’issue d’une journée de mobilisation des enseignants remarquable, le gouvernement oppose un projet de loi sur l’accueil minimum dans les écoles en cas de grève. Ce faisant, il soumet le droit de grève des enseignants à la volonté des collectivités locales de répondre à la loi. Cerise sur le gâteau, le lendemain, Xavier Darcos annonce la création d’une « agence nationale de remplacement » des enseignants. Parmi d’autres, ces deux seules perspectives montrent bien comment le pouvoir actuel compte saper notre statut de fonctionnaires d’état et les garanties de formation, de carrière, d’indépendance professionnelle, de traitement et de pension qui y sont associées.

Aujourd’hui, nous avons à faire à un ministre de l’éducation nationale qui tente de nous contraindre à une forme d’obéissance servile. Il s’agit pour lui de détruire ce pôle de la fonction publique encore en capacité de se mettre en opposition, voire en grève contre la politique éducative du gouvernement et des lobbies qui l’entourent. Son acharnement contre le monde de l’éducation, son mépris, sa mauvaise foi et son arrogance relèvent d’un autoritarisme archaïque et d’un esprit revanchard. A ses yeux tout est bon : l’intimidation, la menace, le chantage et la provocation.

Sauf que c’est nous qui sommes et qui faisons l’ECOLE chaque jour. Notre engagement professionnel est l’âme de ce service public. Nous ne sommes ni des nantis, ni des privilégiés et nous n’avons jamais eu besoin de kapo pour nous dire ce qu’il faut penser, chercher, accomplir et transformer.

Face à la démagogie, au populisme et à la propagande anti-profs, nos droits ne sont pas négociables et nous continuerons de les faire valoir. Dans l’immédiat, rendez-vous le 22 et le 24 mai.

Pour le SNUipp65 Martine Fochesato

 

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