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18 mars 2008

STAGES CM1 CM2 PENDANT LES VACANCES

Le SGEN-CFDT65 et le SNUipp-FSU65 condamnent les stages de remise à niveau et appellent les personnels à ne pas entrer dans ce dispositif.

Comme tous les salariés, les enseignants voient depuis de nombreuses années leur pouvoir d’achat diminuer. Devant les difficultés financières des foyers, liées à la baisse relative des salaires, l’introduction des heures supplémentaires dans le premier degré peut paraître une aubaine pour certains d’entre nous.

Mais, alors que la profession, avec les salariés de la Fonction Publique, se mobilise pour obtenir des hausses de salaires pour tous pour le même temps de travail, ce processus valide de fait la conception d’une hausse des revenus uniquement basée sur les heures supplémentaires. Cette valorisation individuelle constituera pour le gouvernement un point d’appui contre nos revendications, lors des négociations générales sur les salaires.

1) Les textes

L’ensemble du dispositif repose sur une « note » envoyée aux recteurs et aux IA par le Ministre !

Cette « note » a été adressée aux IEN par l’IA pour attribution, c’est-à-dire pour la mise en place effective sur le terrain.

Rappel : une « note » n’a pas de valeur juridique formelle.

Interrogé pendant la CAPD du 15 mars, l’IA a déclaré qu’il n’a, à sa disposition, aucun argument juridique à faire valoir pour contraindre les enseignants à entrer dans le dispositif.

Donc, les enseignants de CM1 et CM2, sont seuls juges pour effectuer ou non le repérage d’élèves et le bilan d’accompagnement.

2) La mise en place et la responsabilité de l’organisation.

Elles reviennent entièrement à l’IA et aux IEN qui

· recensent les enseignants volontaires (jusqu’au 19 mars)

· définissent les lieux de stages

· et, dans un dernier temps, déterminent les groupes, en fonction des possibilités matérielles et humaines.

Ces stages s’effectueront donc sur des lieux volontaires implantés dans quelques écoles du département :

Les enseignants volontaires, comme les élèves ne seront pas forcément sollicités dans le cadre de leur école.

Les élèves ne seront pas nécessairement suivis par un enseignant de leur école.

Le SGEN-CFDT 65 et le SNUipp-FSU 65 demandent aux directeurs de se limiter à transmettre le document de l’IA (lettre aux parents) et de renvoyer ensuite les parents volontaires à la responsabilité de l’IEN pour toute information.

Stages de remise à niveau. Position du Sgen-CFDT 65 et du SNUipp65 . CAPD du 14 mars 2008.

Répondant à une demande du Ministère, M. l’Inspecteur d’Académie des Hautes-Pyrénées a envoyé une note de service adressée aux collègues des écoles concernant l’organisation de « stages » pendant les vacances, pour les élèves « en difficulté » des CM1 et CM2. Il s’agirait pour des enseignants volontaires de dispenser un soutien scolaire à des élèves, pointés en difficulté par leur maître, pendant les vacances de printemps et d’été, en percevant une rémunération (Heures sup. défiscalisées) de 360 Euros, pour 15 heures de cours.

Pour le Sgen-CFDT et le SNUipp-FSU 65 , cette initiative ministérielle est hors cadre et non dénuée d’arrière-pensées.

LE CADRE

L’ensemble du dispositif repose sur une « note » envoyée aux recteurs et aux IA par le Ministre ! Cette « note » a été adressée aux IEN par l’IA pour attribution, c’est-à-dire pour la mise en place effective sur le terrain. Le caractère précipité de cette décision ministérielle amène notre hiérarchie à agir hors cadre règlementaire (une « note » n’a pas de valeur juridique formelle) avec pour seul soutien un courrier fortement médiatisé et des annonces télévisées. Encore une fois, on subit un effet d’annonce dont l’intendance n’a été ni réfléchie ni préparée.

TRAVAILLER PLUS POUR GAGNER PLUS ?

Alors que la profession, avec les salariés de la Fonction Publique, se mobilise pour obtenir des hausses de salaires pour tous pour le même temps de travail, ce processus valide de fait la conception d’une hausse des revenus uniquement basée sur les heures supplémentaires. Les collègues professeurs des collèges et lycées subissent déjà cette politique salariale, puisque les suppressions de postes dans leur secteur sont compensées par des heures supplémentaires pour assurer les cours dans leurs établissements. Enfin, il nous faut dénoncer la politique de ce gouvernement qui ferme des postes (3 dans notre département en septembre prochain), refuse d’augmenter les salaires mais trouve les fonds pour rémunérer un million d’heures supplémentaires.

UNE FAUSSE BONNE IDEE.

Avant tout, c’est une attaque contre le Service Public d’Education Nationale dont l’accès démocratique aux savoirs est depuis toujours un souci prioritaire. En utilisant des personnels de l’Education Nationale, en organisant le traitement des difficultés d’apprentissage hors du temps contraint de l’école, ce dispositif renvoie les élèves et leurs parents à une responsabilité individuelle, génératrice d’inégalités supplémentaires et véritable déni de solidarité : les élèves potentiellement concernés par ces stages ne pourront y participer pour diverses raisons (parents séparés, non disponibilité, coût de la prise en charge avant ou après, coût du transport, éloignement de l’école pour les classes rurales…). Défenseurs convaincus d’un rythme de travail équilibré en alternance de périodes de classe et de vacances (7 semaines de classe et 2 semaines de vacances) le SNUipp et le SGEN CFDT, ne peuvent cautionner le fait que des enfants voient leurs vacances écourtées. Elles sont nécessaires pour leur repos, mais aussi, on le sait, pour assimiler les notions étudiées en classe. Faire croire qu’on règlera les problèmes scolaires de certains enfants avec 15 heures supplémentaires est mensonger et démagogique. Sans oublier que ce dispositif va générer une véritable stigmatisation pour les élèves en difficulté. Ils seront démarqués de leurs pairs et ne retiendront de cette mesure que le caractère injuste, discriminatoire et punitif. Enfin, il est pour le moins paradoxal qu’un Ministre qui supprime plus de 11 000 emplois d’enseignants se targue d’éradiquer la difficulté scolaire, avec moins de maîtres, alors qu’il existe déjà un dispositif éprouvé (RASED) pendant le temps scolaire. La quantité insuffisante de RASED pour les besoins du département, les frais de déplacement limités, la suppression des départs en formation, vient confirmer le sentiment que le traitement démocratique de la difficulté scolaire est en voie d’abandon.

DIVISER LA COMMUNAUTE EDUCATIVE

Nous savons que notre Ministre utilise habilement la stratégie de jouer l’opinion, avec des annonces simplistes, contre les enseignants (service minimum, suppression du samedi matin, nouveaux programmes à l’ancienne et maintenant heures sup. pendant les vacances). Il est plus difficile de convaincre les usagers de l’école sur le fond, que sur des annonces médiatiques précipitées soi-disant de « bon sens ». La question de la difficulté scolaire mériterait plutôt un débat serein, du temps et des moyens. Enfin, la mise en place de ce dispositif qui permettrait soi-disant l’augmentation du pouvoir d’achat des professeurs d’école engendrera, de fait, une concurrence entre les écoles ainsi qu’une division entre les enseignants eux-êmes : entre ceux qui font face aux difficultés des élèves au quotidien et ceux qui seraient censés les faire disparaître en 5 demi-journées, d’un coup de baguette magique à 360€ . Pour permettre ce supplément de salaire aux volontaires, le travail supplémentaire alors imposé aux directeurs (organisation pratique) et aux maîtres de CM (bilan) ne sera lui, pas rémunéré. Entre injustices, rivalités et mises en concurrence, les conséquences de la mise en place des stages de remise à niveau seront particulièrement préjudiciables au bon fonctionnement des équipes pédagogiques.

Pour toutes ces raisons, le SGEN CFDT et le SNUipp-FSU 65 condamnent la mise en place de ces stages.

 

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