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SNUipp-FSU 65

15 février 2008

Samedi matin : qu’en pense le SNUipp65 ?

Le conseil syndical du SNUipp65 se prononce contre la signature de ce protocole !

Alors que les Hautes-Pyrénes perdront encore des postes à la rentrée 2008 ( - 3 postes pour les écoles du département), où le manque de moyens est patent pour les RASED, les remplacements, la formation, pour alléger les effectifs…, alors que le budget de l’Education est en forte régression (notamment sur les crédits pédagogiques), que 12 000 suppressions de postes sont prévues à la rentrée, 80 000 dans les années à venir, le SNUipp 65 estime tout d’abord que la réforme dite de « suppression du samedi matin » ne peut être analysée en dehors de ce contexte budgétaire, de réformes cohérentes hypothéquant l’avenir de l’Ecole Publique, et de la politique du gouvernement qui en est seule responsable.

On peut dès lors s’interroger sur les motivations véritables d’une « invitation » à la table ministérielle sur un tel dossier dans ce contexte.

Au delà de cette appréciation indispensable, le Conseil syndical souhaite se prononcer sur le fond :

Globalement, ce texte représente une manière de déporter davantage ce qui fait le coeur de notre mission - oeuvrer pour la réussite de tous et prendre en compte au mieux les enfants en difficulté - hors du cadre du temps scolaire et de la classe.

Parallèlement, le recentrage encore accentué sur les fondamentaux va à contre sens de la volonté affichée de lutter contre l’échec scolaire. Nous savons tous que les modes d’entrée dans les apprentissages sont divers, et que de nombreux enfants ont besoin de la transversalité et des ponts entre domaines pour entrer dans les savoirs. Nous connaissons également l’importance du collectif classe et de l’hétérogénéité dans les apprentissages. L’approche de l’élève par ses seules performances quantifiées entérine une conception cumulative et linéaire des apprentissages.

Le rôle du RASED est vaguement évoqué après les interventions syndicales, notamment du SNUipp, mais l’externalisation croissante du traitement de la difficulté, les incertitudes sur l’avenir des réseaux dans leur configuration actuelle et la dénaturation de leurs missions, nous inquiètent quant à la place qu’on leur donnera dans la réponse à la difficulté scolaire, dans toutes ses dimensions.

Quant aux rythmes et à la répartition des heures sur la journée et la semaine…. De fait, ce seront les élèves les plus en difficultés qui connaîtront un alourdissement de leur journée de travail (un travail en vis à vis ou en tout petit groupe est bien plus dense et fatigant), alors que les autres auront davantage de temps pour les activités sportives, culturelles, artistiques (le plus souvent payantes donc pas accessibles à tous), ou le jeu… On accélère ainsi le renforcement des inégalités et la mise en place d’une école à plusieurs vitesses.

Au final, c’est moins d’école dans l’école, et des actions extérieures au temps de classe pour assumer ce que l’on ne nous a pas donné les moyens de mieux faire dans ce temps.

- Sur un autre plan, même si ce texte peut donner l’illusion dans la profession d’un allègement de la charge de travail, dans les faits, il n’en sera rien. Si l’on ne veut pas tomber dans le travers de remettre une louche d’une même potion à certains élèves qui ne l’ont déjà pas digérée, la préparation pour des groupes de soutien, différents du groupe classe, est un véritable travail spécifique supplémentaire.

Sans compter le repérage, les PPRE à multiplier, les évaluations, la concertation entre collègues, les relations avec les parents…

L’organisation de stages de rattrapage durant les vacances, qui sont censés commencer dès Pâques, et pour lesquels une note de cadrage est déjà sortie, demandera un travail conséquent de bilans de compétences en amont à assurer par les maîtres des classes.
- Les spécificités du milieu rural ne sont pas prises en compte.
- Notre temps de concertation ne progresse que très peu et sans commune mesure avec nos mandats. Ne parlons pas d’une diminution éventuelle du temps de travail.
- Même si le rôle du conseil des maîtres est affirmé, la régulation se fera quand même par l’IEN.
- Le texte entraînera une désorganisation des écoles et des inégalités entre secteurs géographiques.

- Le risque de voir à terme notre formation continue reportée entièrement hors temps de classe est renforcé, avec l’annonce de l’utilisation d’une partie des heures restées libres, pour celle-ci.

Les solutions préconisées par le ministère créent en fait de nouveaux problèmes et n’apportent pas de réponses satisfaisantes à des questions essentielles.

Au regard de ces arguments, le Conseil Syndical du SNUipp 65 se prononce contre la signature de ce protocole.

 

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