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24 janvier 2008

Non à la directive de la Honte

A l’heure où Nicolas SARKOZY insiste longuement lors du Conseil européen à Bruxelles sur « l’indispensable définition d’une politique européenne de l’immigration », comme « principale priorité de la présidence française de l’UE », la FSU est signataire de la pétition « Non à la directive de la honte ».

Cette pétition lancée par la CIMADE avec 14 autres associations européennes dénonce le projet de directive européenne sur l’enfermement et le renvoi des étrangers en situation irrégulière. Cette directive harmoniserait par le bas les normes en vigueur dans les différents Etats membres et porterait gravement atteinte aux droits de l’Homme en banalisant le principe de l’enfermement des personnes comme mode de gestion des migrants.

Ce projet de directive relevant – pour la première fois sur les questions d’asile et d’immigration – de la procédure de codécision entre le Conseil des Ministres européens et le Parlement, il est indispensable que les citoyens et les sociétés civiles se mobilisent et interpellent les parlementaires européens afin qu’ils refusent d’adopter un tel projet. Il est important que le SNUipp relaie cet appel et invite les collègues à signer et à faire signer cette pétition, mais aussi à interpeller directement les parlementaires européens en leur écrivant.

Liste des députés européens et leurs coordonnées sur http://www.europarl.europa.eu/members.do ?language=FR

Pétition : Non à la directive de la honte ! Appel aux parlementaires européens

Au mois de janvier 2008, un projet de directive sur la rétention et l’expulsion des personnes étrangères sera soumis au Parlement européen. Depuis 1990, la politique européenne conduite par les gouvernements en matière d’immigration et d’asile s’est traduite par une réduction continue des garanties et des protections fondamentales des personnes. L’Europe se transforme en une forteresse cadenassée et met en oeuvre des moyens démesurés pour empêcher l’accès à son territoire et expulser les sans-papiers. Le projet de directive, s’il était adopté, constituerait une nouvelle régression. En prévoyant une rétention pouvant atteindre 18 mois pour des personnes dont le seul délit est de vouloir vivre en Europe, il porte en lui une logique inhumaine : la généralisation d’une politique d’enfermement des personnes étrangères qui pourrait ainsi devenir le mode normal de gestion des populations migrantes. En instaurant une interdiction pour 5 ans de revenir en Europe pour toutes les personnes renvoyées, ce projet de directive stigmatise les sans-papiers et les transforme en délinquants à exclure. Le projet de directive qui sera présenté au Parlement est le premier dans ce domaine qui fasse l’objet d’une procédure de co-décision avec le Conseil des ministres. Le Parlement a donc enfin la possibilité de mettre un terme à cette politique régressive qui va à l’encontre des valeurs humanistes qui sont à la base du projet européen et qui lui donnent sens. Les parlementaires européens ont aujourd’hui une responsabilité historique : réagir pour ne pas laisser retomber l’Europe dans les heures sombres de la ségrégation entre nationaux et indésirables par la systématisation des camps et de l’éloignement forcé. Nous appelons les parlementaires européens à prendre leurs responsabilités et à rejeter ce projet. www.directivedelahonte.org

Proposition de lettre aux députés européens

Madame, Monsieur, J’ai pris connaissance du projet de directive sur la rétention et l’expulsion des personnes étrangères qui sera soumis au Parlement européen dans les semaines qui viennent. Je tiens à vous faire part de mes plus vives critiques à l’égard de ce projet de directive. Comme vous le savez certainement, celui-ci prévoit une durée de rétention pouvant atteindre 18 mois pour des personnes dont le seul délit est de vouloir vivre en Europe, ainsi qu’une interdiction pour 5 ans de revenir en Europe pour toutes les personnes renvoyées. Avec les 14 organisations européennes qui ont lancé l’appel « Non à la directive de la honte ! », je m’insurge contre ces dispositions qui portent en elles une logique inhumaine. Cette logique est celle de la généralisation de l’enfermement des personnes étrangères, qui stigmatise les sans-papiers et les transforme en délinquants à exclure. Je vous invite donc à positionner officiellement contre ce projet et à le rejeter lorsqu’il sera soumis à votre approbation.

Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées

 

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