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SNUipp-FSU 65

14 décembre 2007

Actualité du collectif national des psychologues du SNUipp

Annonce de la suppression du samedi matin- Document X. Darcos avec les 23 propositions pour l’école primaire

Ce document accorde une place très réduite à la maternelle et renforce considérablement la hiérarchie et le pilotage du système éducatif par les résultats des élèves et des enseignants. Il revient sur une définition traditionnelle de l’école comme lieu de transmission des connaissances sans évoquer la place du sujet dans la construction des savoirs. Il instaure une dualité entre le temps de transmission des savoirs et celui de l’accompagnement éducatif, signifiant le recentrage de l’école sur les « fondamentaux ». Un des éléments les plus inquiétants du document concerne le traitement de la difficulté scolaire. L’aide aux élèves en difficulté repose sur les enseignants, dans le cadre de la classe, sur un temps spécifique de deux heures hebdomadaires, incluses dans les horaires de service des enseignants. L’enseignant devient un spécialiste de toutes les difficultés scolaire. La lecture du document met en évidence l’articulation de la gestion de la difficulté scolaire avec le socle commun de compétences. Une école avec des horaires différents selon les enfants, 24h pour les uns, 26h pour les enfants en difficulté ? Le collectif souligne l’absence totale de toute référence aux RASED dans le document. Il ne s’agit évidemment pas d’un simple oubli mais d’un choix délibéré. Les derniers textes ministériels mentionnent de moins en moins les RASED. Un recentrage se fait systématiquement sur le « tout pédagogique ». Concernant la reprise de la revendication SNUipp du « plus de maîtres que de classes », elle correspond mal à la politique budgétaire régressive de ce gouvernement avec le non-renouvellement d’un fonctionnaire sur 3 qui part à la retraite et les suppressions de postes qui seront programmées. N’y aurait-il en filigrane l’idée que les RASED pourraient servir de réservoir de postes ? Le collectif craint que la suppression des RASED ne fasse pas l’objet d’annonces directes et frontales. Il y a d’autres stratégies pour y parvenir : non renouvellement de postes, redéploiements et refonte des missions. Sans dispositifs d’aide efficients au sein de l’EN, les missions des psychologues pourraient se réduire au suivi de la scolarisation des enfants en situation de handicap et au traitement des situations d’urgence. On est bien loin du projet éducatif du SNUipp et de la FSU qui préconise des dispositifs d’aides avec des équipes pluri-professionnelles EN au côté des enseignants (médecins, infirmiers, assistants sociaux, psychologues, enseignants spécialisés). Ce travail au sein de l’EN permet des regards croisés sur les difficultés des élèves, des propositions d’aide ou de suivi, des accompagnement vers des prises en charge extérieures. La différenciation pédagogique seule et sans moyens nouveaux (PPRE) ne peut répondre aux défis posés par des difficultés d’origines très diverses (relationnelles, comportementales, scolaires, sociales et culturelles). Nous demandons que le SNUipp poursuive la défense des RASED comme dispositif d’aide interne à EN et interpelle publiquement le ministre sur leur devenir.

Base Elèves

La problématique de ce dispositif dont la généralisation est repoussée à 2009 va au-delà de la question du caractère obligatoire ou non de certains champs inclus dans le logiciel. Toutes les questions liées aux dangers de la « traçabilité » des élèves et des menaces sur les libertés privées doivent servir de fil conducteur dans le combat à mener contre ce dispositif. Dans le cadre des lois récentes renforçant le contrôle social de la population en difficulté (prévention de la délinquance, protection de l’enfance…), l’extraction de données peut être réalisée au nom du secret partagé, à l’insu des directeurs d’école et des mairies qui alimentent la base de données. Certains champs dits « ethnicisés »ont été supprimés mais pas celui du suivi RASED. Déclarer que le champ est facultatif ne suffit pas car il peut redevenir obligatoire très facilement. A noter à ce titre que le SE-UNSA est favorable au maintien de ce champ de renseignements dans le logiciel. Cette différence d’appréciation doit être connue des collègues. En tant que psychologues, nous devons garantir aux familles le respect de la confidentialité. Comment assurer cette confidentialité si des directeurs ou directrices complètent le champ « suivi RASED » ? A noter d’ailleurs qu’au final, il ne peut y avoir aucune garantie en terme de respect de la confidentialité dans la mesure où celui ou celle (directeurs ou autres) qui inscrit les renseignements le fait tout(e) seul(e). Il faut rappeler l’avis de la CNIL de 2005 précisant que l’identité des enfants aidés ne doit être connue que des enseignants de l’école, du RASED et des parents. Les IEN ne doivent recevoir que des données agrégées (non nominatives) Les mobilisations dans les départements doivent se poursuivre (réunions publiques, motions de conseils d’école, de conseils municipaux…). Le collectif des psychologues souhaite que le SNUipp soit à l’initiative d’un collectif national « non à BE » associant syndicats, FCPE, associations sur les libertés individuelles (LDH, MRAP…) et le collectif « Pas de 0 de conduite » dont le dernier colloque en novembre a évoqué BE.

Intervention du SNES- CoPsys (C. Remermier-M-A. Monnier)

Un rapport sur l’orientation scolaire vient d’être rendu public (le 5ème en 4 ans !). Il a été rédigé par M. Reiss, parlementaire UMP. Ce rapport s’inscrit dans le cadre plus général d’une réforme en profondeur du système éducatif : formation professionnelle E.N. fragilisée (suppression du BEP, Bac pro en 3 ans au lieu de 4, formation CAP attribuée aux régions, …). On constate donc une disparition programmée de sections et un resserrement général de l’offre de formation professionnelle. Les choix d’un système éducatif plus sélectif et plus ségrégatif ont pour conséquence la remise en cause directe d’un système d’orientation incluant la dimension psychologique. Le rapport Reiss préconise le transfert des CIO aux régions, celles-ci devenant des « sas » entre « sortants de l’EN » et « entrants dans le monde du travail ». Quid alors de la nécessité du titre de psychologue s’il s’agit d’assurer seulement des missions d’adaptation stricte des jeunes au marché de l’emploi ? Pour les bilans psychologiques « incontournables » dans le cadre des orientations ou réorientations, il pourra être fait appel à des vacataires à la prestation. Un travail Copsys/psychologues du premier degré est à envisager en amont du stage FSU en février pour réagir face à ces menaces et réaffirmer notre position en tant que psychologues EN.

 

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