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SNUipp-FSU 65

20 octobre 2006

Lecture : déclaration préalable lors de la CAPD du 19/10

INTERVENTION PREALABLE SNUipp FSU 65 - Sgen-CFDT 65 - Se UNSA 65 - SI-EN UNSA 65

Depuis près d’un an, notre Ministre entretient le trouble dans l’opinion publique sur l’apprentissage de la lecture et professe le simplisme pédagogique en la matière. Ses prises de position, souvent caricaturales et aux fondements scientifiques contestés, s’opposent aux contenus même des programmes qu’il a signés.

Comment peut-il déclarer en effet que « seule la synthèse (méthode syllabique) doit être employée à l’exclusion de toute autre » alors que les programmes indiquent sans ambiguïté qu’il faut recourir à deux procédures : l’approche synthétique (des lettres vers le mot) et l’approche analytique (du mot vers les lettres) ?

Comment peut-il prétendre que la méthode syllabique est la meilleure méthode d’apprentissage de la lecture alors que, par le passé, avant même que l’on parle d’approche globale de la lecture, près d’un jeune sur deux sortait de l’école sans aucun diplôme ? Les professeurs de collège se plaignaient à l’époque que leurs élèves savaient déchiffrer mais qu’ils ne comprenaient pas ce qu’ils lisaient. On constate aujourd’hui encore, d’après une enquête INSEE de 2004, que c’est parmi les plus de 55 ans que le pourcentage de personnes ayant des difficultés de lecture est le plus important.

Comment notre ministre peut-il affirmer que sa démarche s’appuie sur des études scientifiques alors qu’il empêche des chercheurs de s’exprimer et que les soutiens qu’il évoque prennent ouvertement leurs distances comme viennent de le faire plusieurs chercheurs en neurosciences lors d’un séminaire du Collège de France en déclarant : « La psychologie cognitive ne prescrit pas de méthode unique d’enseignement » ou encore « les approches synthétique et analytique sont toutes les deux efficaces » ?

Notre ministre affiche publiquement des positions qui sont en contradiction avec celles des programmes qu’il a signés.

Il déforme délibérément les résultats aux différentes évaluations pour pouvoir prétendre que les élèves ne savent plus lire et que l’Ecole est en danger.

Il écarte des chercheurs reconnus des dispositifs de formation sous prétexte que leur parole n’est pas en conformité avec son discours.

Il menace à la radio les enseignants du premier degré d’une enquête pour vérifier s’ils appliquent ses consignes et à l’inverse, il soutient officiellement les promoteurs du retour aux méthodes pédagogiques d’il y a un siècle et qui sont en contradiction avec les programmes officiels actuels.

Il engage les parents à dénoncer les maîtres qui n’appliqueraient pas une méthode exclusivement syllabique, alors qu’ils n’ont pas les compétences pour identifier la méthode utilisée et que ce n’est pas leur rôle. Plus grave, encouragée par ces agissements, une association s’offre des placards publicitaires appellant ouvertement à la délation dans la presse nationale et régionale.

Jusqu’où ira ce ministre dans le dénigrement des enseignants et le mépris des parents ? Jusqu’où ira son acharnement ?

Enseignants, nous sommes des professionnels. Nous connaissons et respectons les programmes d’enseignement. Nous oeuvrons tous avec détermination et professionnalisme pour conduire le plus grand nombre d’enfants à la maîtrise de la lecture et de l’écriture.

Inspecteurs de l’Education nationale, Conseillers pédagogiques et formateurs d’enseignants, nous avons toujours fait en sorte d’aider les enseignants dans leur pratique professionnelle dans le respect de la personnalité de chacun et dans l’intérêt des élèves.

La réussite des élèves ne peut se résumer à une affaire de méthode. Au-delà du professionnalisme nécessaire, elle nécessite une relation de coopération et de confiance entre les parents et les enseignants, relation nourrie par le dialogue et que nous nous employons quotidiennement à construire.

Aussi, nous demandons au Ministre de l’Education nationale de cesser de caricaturer l’apprentissage de la lecture, de mettre en cause la formation des enseignants et d’entretenir la suspicion au sein de notre système éducatif, car en faisant cela, il met l’Ecole en danger.

 

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