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SNUipp-FSU 65

5 mai 2016

Circulaire rentrée 2016 et analyse du Snuipp

La circulaire de rentrée 2016, parue au BO du 14 avril, présente les mesures qui devront s’appliquer dans les écoles dès l’année scolaire prochaine. Un catalogue très fourni qui reprend des annonces déjà publiées mais détaille de nombreuses nouvelles mesures. Une déclinaison de « bonnes intentions » selon le SNUipp-FSU mais « une circulaire ne suffit pas à changer l’école ». Pour le syndicat, la question des moyens en temps et en formation accordés à la mise en œuvre de ces mesures par les enseignants est encore posée.

Lien vers la circulaire : http://www.education.gouv.fr/pid285/bulletin_officiel.html ?cid_bo=100720

Analyse du Snuipp :

Programmes et ressources

Pour accompagner les nouveaux programmes des cycles 2 et 3 qui s’appliqueront dès la rentrée, le ministère mettra progressivement à disposition des enseignants des ressources téléchargeables comme cela est fait pour la maternelle. Cette publication de documents d’accompagnement dont certains sont déjà en ligne sur Eduscol, répond à une demande des enseignants.

Malgré les interventions répétées du SNUipp, la mise à disposition d’une version papier de ces outils pédagogiques n’est toujours pas prévue. Le syndicat invite les équipes d’écoles à demander à la ministre une chose toute simple : les leur fournir car les coûts d’impression de ces documents ne peuvent être laissés à la charge des enseignants ou ponctionnés sur leur budget de classe. Pour envoyer votre lettre

- Copier/coller le courrier ci-dessous et l’adresser à : sp.ministre@education.gouv.fr

et mettre en copie : contact@snuipp.fr

Ou l’adresser à : Madame Najat VALLAUD-BELKACEM Ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la recherche 110 rue de Grenelle 75357 Paris 07 SP

Madame la ministre,

Nous enseignons à l’école …………………… et tenons à vous interpeller au sujet de la mise en œuvre des nouveaux programmes.

Ni ceux de l’école maternelle en vigueur depuis la rentrée 2015, tout comme leurs ressources pédagogiques mises en ligne sur Éduscol, ni ceux pour l’école élémentaire qui prennent effet en septembre prochain, n’ont fait l’objet d’une diffusion papier. Le tout, constitué à ce jour d’au moins 800 pages, n’est consultable qu’en version numérique et doit donc être téléchargé et imprimé par nos soins.

Cette situation est incompréhensible et inacceptable. Dans aucun métier un employeur n’agirait de la sorte. Nous avons besoin de ces ressources pour faire classe à nos élèves et ce n’est ni aux mairies, ni à nous, enseignants, de « payer » nos outils professionnels.

Le ministère a pourtant su trouver en 2014 les moyens d’envoyer à toutes les mairies de France, sur papier glacé et en quadrichromie, le « Guide pratique des rythmes à l’école ». Pourquoi ce qui a été réalisé pour les élus ne le serait pas aujourd’hui pour les enseignantes, les enseignants et leurs élèves ? De même en 2002, le ministère avait été capable de diffuser les programmes scolaires et leurs documents pédagogiques d’accompagnement dans toutes les écoles. Pourquoi ce qui était possible hier ne le serait-il plus aujourd’hui ?

Madame la ministre, nous vous demandons de nous fournir les programmes et les documents pédagogiques qui les accompagnent en version papier, tout comme nous vous demandons de bénéficier de la formation continue qui nous fait tant défaut aujourd’hui.

Vous parlez de « refondation » ? Et bien, commencez par nous donner un moyen tout simple de bien faire notre travail. C’est une priorité pour l’école primaire et la réussite de tous nos élèves.

Dans l’attente, soyez assurée Madame la ministre de notre dévouement au service public d’éducation.

Modalités d’évaluation : du temps pour se les approprier

En maternelle comme en élémentaire de nouvelles modalités d’évaluation sont prévues. En maternelle, la synthèse des acquis des élèves fera l’objet d’un modèle national mais la forme du carnet de suivi des apprentissages sera laissée à l’appréciation des équipes. En élémentaire, un livret scolaire sera créé pour chaque élève sous une forme numérique avec l’application nationale « Livret scolaire unique numérique » (LSUN). Seuls les bilans de fin de cycle sont prescrits, les évaluations intermédiaires des acquis des programmes sont laissées à l’appréciation des équipes qui disposeront d’une banque nationale d’outils. L’évaluation diagnostique en début de CE2 est maintenue et le SNUipp rappelle que ses modalités de passation sont définies par les enseignants. Le syndicat demande également que l’application nationale soit testée par les enseignants avant sa mise en application. De plus, élaborer en équipes de nouveaux outils pour l’évaluation des élèves ne s’improvise pas, cela demande du temps, de la formation et de l’accompagnement. Cela renforce la nécessité de remettre les 108 heures, en commençant par le temps d’APC, à disposition des équipes.

Formation : toujours insuffisante

La circulaire de rentrée le dit elle-même, les 18 heures prévues pour la formation dans les obligations de service « ne sauraient répondre à l’ensemble des besoins, accrus par la rénovation des cycles, des enseignements et de l’évaluation ». Le texte annonce une augmentation des capacités de remplacement au service de la formation continue et la création d’un Comité national d’orientation pour une formation plus « en phase avec les besoins des enseignants ». La formation continue est affichée comme une priorité. Reste à voir si les moyens débloqués seront à la hauteur des enjeux, ce que ne cesse de demander le SNUipp. D’autre part, le texte fait de nombreuses références aux ressources en ligne ou aux formations à distance par le biais de M@gistère alors que les enseignants demandent au contraire des échanges de pratiques entre professionnels et en présentiel, ainsi qu’un lien avec la recherche.

Parcours : de nouvelles organisations

Après le parcours d’éducation artistique et culturel et le parcours citoyen, c’est le parcours de santé qui devra se mettre en place en septembre. Pour le SNUipp, cette multiplication de parcours qui, bien que non évaluables, doivent être inscrits dans le projet d’école, peut « générer un effet d’empilement voire de trop plein ». D’autant que les équipes doivent aussi prendre en compte, dans ou en marge de ces parcours, les questions de sécurité, de climat scolaire, d’accueil des parents d’élèves, etc.

Conseil de cycle 3 : oui mais comment ?

À la rentrée, « Le conseil du cycle 3 accueillera des professeurs de 6e » dans les écoles élémentaires et réciproquement les PE « pourront participer au conseil des classes de 6e ». Des « groupes d’appui au déploiement du cycle 3 » seront mis en place dans chaque académie annonce la circulaire. Nul doute qu’ils auront du travail car la mise en œuvre concrète de ce nouveau conseil n’a pas été pensée en termes d’objets de travail, de temps de rencontre et de frais de déplacement.

 

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