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19 mars 2015

Protocole pour un schéma pluri-annuel d’évolution de l’offre scolaire dans le département des Hautes-Pyrénées

Position du Conseil syndical du SNUipp-FSU 65

Séance du 12/03/2015

Interviewée par la Dépêche du midi en novembre 2014, Mme la Rectrice disait : « Il s’agit d’un protocole d’accord avec des objectifs sur trois ans. Les élus s’engagent sur un processus de réorganisation du réseau scolaire dans ses variables, locaux, transports, concentration des regroupements pédagogiques intercommunaux, etc… Et l’Éducation nationale s’engage à stabiliser les postes d’enseignants qui auraient baissé sans cet accord. ».

Ce protocole était censé nous garantir 3 années de stabilité, de lisibilité et de relative sérénité. Tous les signataires (sénateurs, députés, président du Conseil Général, présidente de l’association des Maires des Hautes-Pyrénées, Préfète, Rectrice, Inspecteur d’Académie) communiquaient à l’envi sur cet affichage : nous allons pouvoir réorganiser le maillage scolaire du département sans précipitation et en prenant le temps de l’analyse préalable nécessaire à toute décision.

Mais force est de reconnaître que les choses commencent bien mal.

Au SNUipp-FSU 65, nous ne voulons pas jouer les Cassandre et acceptons l’augure que cette nouvelle méthode soit porteuse d’améliorations pour le service public d’éducation dans notre département mais un constat s’impose : ce protocole ne génère pour l’instant qu’incertitude, inquiétude et opacité.

 Là où l’on promettait la stabilité, on n’a jamais vu communauté éducative plus bousculée. Les IEN sillonnent le département pour annoncer aux maires ou aux écoles de possibles fermetures, fusions, restructurations, concentrations…

 Là où l’on promettait la visibilité, on n’a jamais vu pareille opacité dans la préparation de la carte scolaire. « Trois ans pour travailler à moyens constants, cela n’est jamais arrivé. Une visibilité extrêmement appréciée des élus. »disait Madame la Rectrice L’annonce de menaces de fermetures tous azimuts rend la stratégie illisible.Impossible de déchiffrer le projet réel qui sera présenté aux organisations syndicales au dernier moment, échéance électorale oblige.

 Là où l’on promettait la sérénité, on n’a jamais vu pareille inquiétude chez les enseignants et les parents d’élèves et pareille colère chez certains élus de petites communes qui se sentent floués par leurs pairs que sont les grands élus.

Dans la phase des négociations, Le SNUIPP-FSU 65 avait alerté plusieurs grands élus signataires sur les dangers de cet accord qui pourrait se révéler être à l’usage un véritable marché de dupes.

Le choix du terme « offre scolaire » nous laissait perplexes. Pourquoi ne pas parler plutôt de « demande scolaire » ? Le choix des mots montrait déjà que serait privilégiée une logique des moyens à une logique des besoins. Ce vocabulaire entreprenarial faisait entrer de fait l’Ecole dans une logique économique globale de la rentabilité et de la compétitivité.

Ce protocole est, comme tout contrat, basé sur le principe du donnant-donnant. Mme la Rectrice le rappelle d’ailleurs clairement en précisant qu’elle n’hésitera pas à le rompre si ses partenaires, en l’occurrence les grands élus du département, ne tiennent pas leurs engagements : à savoir persuader les maires d’accompagner cette mutation présentée comme inévitable, salutaire et seule à même d’arrêter les saignées régulières que subissent les Hautes-Pyrénées en matière de dotations en postes.

Le donnant-donnant n’est pas en soi choquant mais il doit être abordé avec la plus grande prudence. Il convient de mesurer avant tout engagement ce qu’on donne et ce que l’on reçoit en retour, d’évaluer si ce que l’on perd est compensé par ce que l’on gagne.

Les grands élus signataires pourraient eux aussi dénoncer le contrat si les promesses de Madame la Rectrice n’étaient pas au rendez-vous. Pourquoi pas ?

La méthode choisie par l’Institution emprunte au vocabulaire de l’entreprise : indicateurs objectifs, fiches signalétiques, évaluation rationalisée, critères qualitatifs d’analyse.

Mais si des indicateurs peuvent être en effet objectifs, le choix de ces mêmes indicateurs n’est jamais neutre.

La fiche signalétique par école (voir P.J) envoyée aux maires qui doivent la renseigner écarte par exemple tout indicateur qui viserait à évaluer le contexte socio-économique et socioculturel (taux de chômage, bénéficiaires d’aides sociales, enfant bénéficiant de tarifs réduits à la cantine ou dans les transports, etc…).

Si elle demande aux maires un rappel des effectifs sur les années antérieures, elle ne les invite pas à signaler les perspectives d’augmentation de population (liées à l’implantation d’entreprises, à la construction de lotissements…)

La référence à la DETR (Dotation d’Equipement des Territoires Ruraux) est en soi très éclairante. Les communes éligibles à la DETR sont des petites villes ou des gros bourgs qui par leur taille et les infrastructures déjà existantes peuvent jouer un rôle de « centralité » dans un bassin rural. On voit donc qu’il s’agit de faire converger politique scolaire et politique territoriale afin de faire des économies en concentrant un maximum de services publics sur un nombre de plus en plus restreint de communes.

Dans la méthode utilisée en cette première année du protocole, quel est le rôle dévolu aux professionnels que sont les enseignants ? Et celui des organisations représentatives des personnels que sont les syndicats ?

Cette nouvelle méthode de travail et son calendrier ont pour effet de les court-circuiter, d’escamoter le nécessaire dialogue qui était de mise jusqu’à maintenant lors de la préparation des cartes scolaires.

Les enseignants ne seront-ils plus à terme que des opérateurs et les syndicats de simples spectateurs ?

C’est à une véritable approche tayloriste que nous sommes confrontés. « The right school in the right place », division verticale du travail entre concepteurs et réalisateurs, toute-puissance des "experts ", séquençage rationalisé de l’activité, tout y est.

Le SNUIPP-FSU 65 ne peut rester muet devant pareille évolution et dénonce cette confiscation du dialogue social au profit d’accords signés par dessus la tête des citoyens, des personnels et de leurs représentants entre grands élus et technocrates.

La méthode utilisée nous laisse perplexes sur la nature des résultats.

Le Conseil Syndical du SNUipp-FSU 65

 

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