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SNUipp-FSU 65

31 mai 2007

Stages filés : rapport de l’Inspection Générale

Des extraits du dernier repport de l’IGEN, concernant les stages filés. Le document complet est en pièce jointe au format PDF.

Constats

A l’analyse des terrains de stage, deux constats s’imposent :

- les classes retenues pour les stages filés et groupés permettent de tendre vers l’objectif visé : permettre à chaque PE2 d’exercer dans chacun des trois cycles. Il convient cependant de noter que les plans d’affectation ne sont pas partout complètement arrêtés et que quelques incertitudes demeurent. Il faut également signaler que l’objectif ne sera approché qu’à travers une commodité (la classe de grande section de maternelle est considérée tantôt comme relevant du cycle 1 et tantôt du cycle 2), voire une approximation, comme dans un département où le cycle relatif au stage de pratique accompagnée est pris en considération. Le nouveau dispositif semble avoir fragilisé les stages à l’étranger : les départs sont envisagés sur la base d’une substitution à l’un des stages groupés ou par amputation du stage filé ;

- le choix des classes du stage filé a davantage répondu à un impératif administratif (décharger de cours les directeurs des écoles à 4 classes) ou à une opportunité locale (complément de service des enseignants exerçant à 80 % ou, tout simplement, recherche de maîtres volontaires pour laisser leur classe à un stagiaire) qu’à une logique de formation. Ces deux constats entraînent nécessairement des interrogations.

Le nombre de classes maternelles mobilisées est important. Ce constat peut conduire à une certaine satisfaction au regard des impératifs de la formation mais il convient, cependant, d’exprimer des réserves sur le fait que ces classes sont souvent des petites, voire des très petites sections. Ces niveaux ne sont pas les plus opportuns.

La qualité du titulaire de la classe

Le titulaire peut être un directeur d’école partiellement déchargé, un enseignant exerçant à temps partiel, un enseignant de l’école en stage de formation filé (ce schéma a été difficile à mettre en place dans l’urgence), ou un maître libéré de sa classe un jour par semaine pour conduire, au sein de l’école, des activités liées au projet.

Dans tous les cas, le problème de l’articulation et de la continuité entre le travail du stagiaire et celui du titulaire se pose. Il est cependant plus facile à résoudre lorsque le titulaire est présent dans l’école.

Il expose, a contrario, les PE2 aux plus grandes difficultés lorsqu’il doit travailler en complément de service d’un enseignant qui, ayant opté pour un temps partiel, n’est guère enclin, a priori, à investir un peu de son temps libre pour rencontrer le stagiaire. Dès l’année 2007-2008, il paraît donc nécessaire, dans toute la mesure du possible, d’éviter cette formule.

Le stage en responsabilité répond à des objectifs plus ambitieux que ceux du stage de pratique accompagnée, où le PE2 est dans une classe tenue par un IMF ou PMF (instituteur ou professeur maître - formateur) ou un maître d’accueil temporaire (MAT) qui, sans être formateur, possède des qualités pédagogiques validées par l’IEN.

Or, la difficulté consistant à trouver de nombreux « berceaux de stage » ainsi que les contraintes géographiques à surmonter ne permettent pas de garantir, dans tous les cas, que les classes choisies sont tenues par les meilleurs enseignants. Il serait, par conséquent, indispensable de vérifier, dans tous les cas, auprès de l’IEN, que cet enseignant possède tout de même les qualités professionnelles de base qui lui permettent de partager sa classe avec un stagiaire. Progressivement, il serait utile de choisir des écoles dans lesquelles un enseignant au moins répondrait au niveau d’exigence attendu d’un maître d’accueil temporaire.

Il conviendra de chercher des éléments de réponse à la question suivante : comment une école sans formateur institutionnel peut-elle constituer, néanmoins, un lieu de formation ?

Quelques perspectives se dessinent, que la constitution d’un réseau d’accueil devrait concrétiser :

- certaines portent sur le choix de l’école : dans un département de notre échantillon, dès la rentrée 2007, des PE2 seront affectés dans des écoles repérées comme plus propices à la formation (les titulaires y assurant actuellement les décharges de direction seront affectés dans des écoles sans profil particulier) ;

- d’autres concernent les directeurs, qui doivent être mieux informés de leur rôle et davantage associés aux formateurs, sur la base d’un modèle s’apparentant à celui du « compagnon d’apprentissage ». En tout état de cause, la fonction de « directeur accueillant » mérite d’être précisée.

Du côté des formateurs

Le suivi des stages filés représente une lourde charge de travail pour les formateurs de l’IUFM et consomme un volume important d’heures dans leur emploi du temps.

De judicieuses pratiques méritent, en revanche, d’être signalées : un IUFM a constitué des duos PIUMF+IMF ou PMF, chaque duo ayant la charge de trois ou quatre stagiaires et chaque PE2 ne voyant qu’un duo. On se rapproche là du principe du référent, prévu par les textes mais non observé dans notre enquête. Il est d’autant plus nécessaire d’y parvenir que, contrairement à leurs collègues PLC2 (professeurs stagiaires des lycées et collèges), les PE2 ne disposent pas encore de l’aide d’un conseiller pédagogique dédié.

Du côté des PE2

Les PE2 apprécient le principe du stage filé, qui correspond à une demande exprimée lors d’enquêtes antérieures : ils exercent le métier qu’ils ont choisi en même temps qu’ils l’apprennent d’une manière concrète et pratique.

Ils expriment, en revanche, de vives critiques quant aux conditions dans lesquelles ils le vivent :

- la charge de travail leur paraît considérable. Ils estiment que ce stage représente au total 50 % de leur temps de travail et ils le ressentent comme une préoccupation excessive voire exclusive. Dans une académie, un accroissement significatif du nombre d’arrêts de travail a été constaté. Il est difficile d’objectiver ce ressenti et d’établir la part des choses entre le travail proprement dit et le stress vécu par nombre de stagiaires. Il est, en revanche, incontestable que les PE2 ont beaucoup plus de travail que leurs 15 collègues du second degré (le cahier des charges prévoit respectivement 400 et 220 heures au minimum de formation à l’IUFM) ; de plus, il est évident que les progrès des élèves, perçus comme plutôt liés à l’action du titulaire, valorisent mal leur investissement ;

- les PE2 regrettent de ne pouvoir disposer d’un minimum de formation en amont de leur prise de fonctions ;

- ils éprouvent l’impression d’être « livrés à eux-mêmes » : les échanges avec le titulaire de la classe ne sont pas toujours faciles ou fructueux et les aides extérieures sont trop rares ;

- ils peinent à distinguer, lors des visites des formateurs, ce qui relève du conseil de ce qui peut fonder les éléments de leur évaluation. Ils citent des visites excessivement ciblées sur la qualité des préparations au détriment des réalisations, et déplorent le caractère formel de certaines attentes (préparations très détaillées, préparations dactylographiées…). Ils attendent aussi des encouragements, délivrés – selon eux - avec parcimonie ;

- ils souhaitent une meilleure articulation et une plus grande cohérence entre leur questionnement pratique et les réponses apportées lors des sessions à l’IUFM. La question du mémoire professionnel est posée : certains stagiaires y voient un réel outil de formation tandis que d’autres ledénoncent comme une charge de travail supplémentaire et inutile.

Malgré la fatigue accumulée au fil des semaines et les déceptions enregistrées, les PE2 demeurent, cependant, très favorables au principe du stage filé. Un sondage initié, réalisé et exploité par les stagiaires eux-mêmes dans deux départements d’une académie montre que le taux d’adhésion à ce stage s’élève à 80%.

Les chantiers de demain

Le stage en responsabilité, au sein duquel le stage filé joue un rôle majeur, répond à un réel objectif de formation et à une authentique attente des PE2. Dans des délais très courts, les administrations concernées ont su, en totale synergie, répondre efficacement à la commande institutionnelle. Pour cette première année, les académies ont utilisé la souplesse prévue par la circulaire du 23/08/06 afin d’adapter ses lignes directrices à leur propre contexte. Il convient, désormais, d’optimiser un système en améliorant un fonctionnement dont notre étude a montré qu’il demeurait perfectible. A moyen terme, la réflexion devra conduire à des orientations fondées sur deux questions essentielles :

- comment faire d’une école primaire un lieu de formation des maîtres ?

- comment concevoir, globalement, en conformité avec le cahier des charges de la formation en IUFM, un parcours de formation d’un type nouveau, au sein duquel le stage filé conduit à la recherche de nouveaux équilibres ?

Ce parcours de formation ne saurait se limiter à la deuxième année de stage à l’IUFM. A cet égard, le cahier des charges de la formation ouvre de véritables perspectives qu’il conviendra d’exploiter pleinement.

En amont, le concours de recrutement, depuis la session de 2006, exige la maîtrise devéritables savoirs disciplinaires et la connaissance de quelques données pédagogiques et didactiques. L’annexe du cahier des charges prévoit, quant à elle, que « pendant sa formation en licence et durant la préparation des concours, le futur professeur acquiert une culture disciplinaire élargie. Tous les professeurs doivent connaître le socle commun des connaissances et des compétences. C’est donc avant le concours de recrutement que les futurs professeurs des écoles commencent à acquérir les savoirs nécessaires à la polyvalence ».

La préparation au concours et les stages d’observation réalisés en école primaire devraient donc être de nature à mieux armer le futur stagiaire et à lui donner le minimum de bagages nécessaires à la prise en charge d’une classe dès le début de l’année de PE2.

- le travail demandé aux PE2 sera limité à l’essentiel : tout formalisme sera écarté et le mémoire sera centré sur la pratique professionnelle. Afin d’éviter le simple récit ou la compilation d’anecdotes, il conviendra, par exemple, de demander la rédaction d’une note sur une question précise apparue lors du stage en responsabilité ;

- les directeurs d’école seront mieux informés et mieux associés au processus de formation. Ils devront veiller à ce que, au sein de l’école, un enseignant assure l’accueil et l’accompagnement du stagiaire.

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rapport igen stage filé

 

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