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20 mars 2013

Refondation. Martine Aubry a raison

Point de vue de pédagogue. par P. Frackowiak

In Educavox

Martine Aubry connaît très bien les problèmes de l’éducation. Elle n’a pas pu oublier les quatre piliers de l’éducation évoqués par son père, Jacques Delors : « apprendre à connaître, apprendre à faire, apprendre à être, apprendre à vivre ensemble », ces fondamentaux dont il convient de rappeler qu’ils imposent une nouvelle écriture des finalités du système éducatif et donc des objectifs généraux, et donc d’un socle, et donc des programmes. Elle a porté, avec Patrick Kanner, son adjoint, un projet éducatif global innovant. Il est intéressant de noter au passage que Patrick Kanner transpose ces idées, en tant que président du conseil général du Nord, dans un projet éducatif départemental qui mériterait toute l’attention des conseillers du ministre.

Martine Aubry se donne du temps pour éviter un bricolage précipité en entrant dans des cadres imposés par la pyramide de l’institution avec comme objectif prioritaire l’apparence de la réussite du projet. De la même manière que Darcos et Chatel, on recherche les statistiques, le nombre de communes qui auront accepté, pour des raisons diverses plus ou moins claires, de s’engager dès la rentrée 2013 et les résultats, toujours positifs évidemment, des enquêtes des hiérarchies intermédiaires qui ont été formatées pour donner les réponses attendues.

Elle envisage, selon les médias, de fixer au samedi matin la demi-journée supplémentaire et de libérer une demi-journée complète – et vraisemblablement pas le samedi - dans la semaine pour des activités péri éducatives, non scolaires : activités d’expression, culturelles, sportives, scientifiques, de découverte… qui, toutes, ne peuvent s’organiser sur des séquences de 45 minutes dont on peut retirer le temps de la mise en place matérielle et le temps du rangement. Tous ceux qui ont fait l’école et qui ne l’ont pas oublié, savent qu’en 45 minutes, on ne peut pas faire grand-chose, sauf des devoirs, de l’aide personnalisée, celle-là même qui avait été unanimement condamnée, fondée sur des évaluations, stigmatisantes, négatives, qui ne sont pas de l’évaluation mais du contrôle, et sur une conception qui demeure élitiste de l’enseignement.

Le projet est intelligent et réaliste. Reste le problème de la lourdeur excessive de la journée scolaire complète, les six heures 3 jours sur 4. Il faudrait l’alléger. Il serait parfaitement possible de concevoir que pour ces 3 jours, on demande aux enseignants de consacrer la 6ème heure à des activités moins exigeantes en termes d’attention, de mobilisation du grand groupe classe, voire plus intéressantes que les séquences disciplinaires cloisonnées classiques qui génèrent ennui et fatigue, un temps où le besoin de transversalité pourrait être pris en compte.

Il est évident qu’un tel projet relève d’une véritable refondation et qu’il exige une reconstruction complète des programmes avec une définition claire préalable des finalités.

Resterait pour Martine Aubry à mobiliser les acteurs, ce qui ne serait pas simple, mais pas impossible. Les enseignants notamment, qui ont subi la continuité imposée, souvent avec zèle, depuis la rentrée de septembre, et qui sont résignés ou opposés désormais à des changements auxquels ils ne croient plus.

Rude affaire et à faire, cette refondation. Mais, comme le chantait Renaud, « c’est quand qu’on va où ? »

Pierre Frackowiak

 

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