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27 avril 2012

La carotte Vichy et le bâton de maréchal

article signé Christian Carrère pour la Marseillaise.

« Compatible avec la République ». C’est le nouveau label que le candidat sortant vient de décerner à Marine Le Pen.

Il est vrai qu’entre leurs communes haines des syndicats, il n’y a pas l’épaisseur d’un bulletin Sarkozy. Mais il est tout aussi vrai qu’un gouffre les sépare de la constitution de la 5ème République reconnaissant, malgré ses vices, la place et les rôles des organisations syndicales. Difficile en revanche de distinguer quelque nuance entre le discours de l’actuel chef de l’Etat de celui que tenait le chef de « l’Etat Français ». Pour l’ancien maire de Neuilly, « ils confisquent la parole des Français ». Pour le maréchal, ils prétendaient « fallacieusement représenter la classe ouvrière ». Celui-ci brandissait,pour les mieux dévoyer les concepts de « travail », de « famille » et de « patrie ». Celui-là invente le « vrai travail ». Pas celui dont sont dépourvus des millions de femmes et d’hommes réduits au chômage par sa politique. Dont sont dépourvus celles et ceux qui subissent le temps partiel imposés et autres « statuts » précaires. Le vrai travail, tous y aspirent. Avec un vrai salaire. Beaucoup le diront dans les manifestations de mardi, en tendant une main fraternelle à ceux qui partagent leurs attentes et leur sort, avec un vote « incompatible ».

Tous ensemble. Souvent en famille. Français d’origine ou d’adoption et immigrés mêlés. Parce que, pensent-ils avec Jaurès, « si un peu d’internationalisme éloigne de la patrie, beaucoup d’internationalisme ramène à la patrie ». Parce que leur France n’est pas celle des ligues factieuses des années 30, dans la lutte contre lesquelles naquit le Front Populaire. Mais la France d’Aragon, celle que « la géographie ouvre comme une paume au souffle de la mer, pour que l’oiseau du large y vienne et se confie ». Celle de « 36 à 68 chandelles » chantée par Jean Ferrat. « Dix ans, ça suffit ! » scandait-on alors dans les manifs. Dès le 1er mai dont la puissance préfigurait les plus grandes grèves du 20ème siècle, dans tous les lieux de travail et d’études. « Dix ans, surtout pas ! », parce que cinq années ont cassé trop vite, diront mardi les manifestants. Sarkozy aura beau manier la carotte Vichy pour le FN et le bâton de maréchal pour les syndicats, ils ne mangeront pas de cette marinade servie sur le Champ de Mars. Ils persisteront et signeront cinq jours plus tard en déposant le bulletin François Hollande dans l’urne.

Christian CARRERE

 

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