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13 novembre 2011

Plus d’autonomie, plus d’évaluation : l’UMP expose "son école" pour 2012

article publié le 9 novembre par Maryline Baumard dans le Monde. en pdf joint le dossier de la convention de l’UMP sur l’Education.

Chassant sur les terres traditionnelles du PS, l’UMP a voulu profiter de la polémique sur la proposition de François Hollande de créer 60 000 postes d’enseignant, qui lui a donné la main sur le sujet, pour présenter "son" école. Il l’a fait, mardi 8 novembre, au Théâtre Bobino, à Paris, lors de la convention de son parti sur le thème de l’éducation. Un contre-modèle très libéral qui apparaît pour la première fois architecturé et assumé.

Trente propositions ont été égrainées au fil d’une soirée où ont défilé les ministres de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur, Luc Chatel et Laurent Wauquiez, les secrétaires nationaux chargés du sujet et quelques experts. Ces propositions esquissent l’école dont l’UMP rêvait sans oser jusqu’ici l’avouer aussi clairement.

"Le renforcement de l’autonomie des établissements doit signifier la possibilité, pour le principal de collège, proviseur de lycée, mais aussi, à terme, le directeur d’école, de recruter librement son équipe enseignante et d’administration en fonction de son projet d’établissement", précise la proposition 10.

"AUGMENTER LA PRÉSENCE DES ENSEIGNANTS"

Les résultats obtenus aux évaluations des élèves seront rendus publics par école, "afin de montrer la valeur ajoutée de chaque école et de chaque collège" (proposition 4). Les enseignants seront évalués par leur chef d’établissement (proposition 15), et les chefs d’établissement "en fonction des résultats qu’ils obtiennent" (proposition 10). Le tout sur fond de choix de son établissement par les familles. Même s’il n’en est pas question dans la convention, cela va de pair avec le projet.

Les enseignants verront leur métier changer. Comme Nadine Morano, ministre chargée de l’apprentissage, l’a précisé en conclusion, "il faut augmenter la présence des enseignants dans les établissements". L’UMP propose donc "de réfléchir à un nouveau statut des enseignants qui permette d’intégrer dans leur mission non seulement les cours, mais aussi le tutorat, l’orientation ou la concertation".

Le parti majoritaire propose la création d’un corps où entreraient tous les nouveaux reçus aux concours et les enseignants déjà en poste qui le souhaitent. Une façon intelligente de contourner une possible fronde. A moins que, comme Jean-François Copé, le secrétaire général de l’UMP, l’a noté mardi, tout cela ne soit que "des opportunités d’évolution, sans drame et sans motif véritable de grève".

Prennent corps dans ce programme des évolutions que les deux ministres de l’éducation nationale successifs de Nicolas Sarkozy, Xavier Darcos et Luc Chatel, ont testé ou tenté de mettre en place en catimini. C’est vrai pour la publication des résultats des évaluations des élèves par établissement, qui avait valu une levée de boucliers et un mouvement de méfiance vis-à-vis des tests nationaux ; ou pour le recrutement des enseignants par les chefs d’établissement, que Luc Chatel teste dans trois cents collèges.

Tout se passe comme si ces deux ministres avaient été chargés de préparer le terrain pour l’après 2012, sans donner de plan d’ensemble. Depuis son arrivée, Luc Chatel a toujours tu sa vision de l’école, mais a lancé des ballons d’essai esquissant l’école libérale que l’UMP globalise et formalise aujourd’hui.

VIEUX DÉMON DE LA DROITE

Le ministre de l’éducation a d’ailleurs estimé, mardi, que "le sujet est mûr". "Les Français attendent que le gouvernement trace la voie, que l’école redevienne le lieu de tous les possibles", a-t-il expliqué. Au préalable, il avait marché sur un fil, tentant de montrer que l’école fonctionnait assez mal pour devoir la transformer et assez bien pour vanter son bilan.

Sur ce tableau, le vieux démon de la droite qu’est le collège unique s’est invité, mais en filigrane. Nadine Morano a parlé de développer des classes métiers-études, comme il en existe pour le sport-études, et Jean-François Copé a replacé son idée d’évaluation en fin de CM2, retour masqué d’un examen d’entrée en 6e.

Si l’on additionne aux mesures précédentes le fait qu’une fois inscrit dans une école maternelle un enfant sera obligé d’être assidu (proposition 2), on dispose de la charpente du projet de l’UMP.

A cela s’ajoute la proposition 3, consacrée à la réforme des rythmes scolaires, qui inclut un raccourcissement des vacances d’été de deux semaines, le retour d’une semaine de quatre jours et demi de cours en primaire, et la fin des cours le samedi matin pour les lycéens.

Ces trente propositions passeront encore deux filtres, celui des conventions de synthèse et celui du projet final. Elles nourriront le projet du candidat à l’élection présidentielle.

Si celui-ci s’appelle Nicolas Sarkozy, la réforme du statut des enseignants et l’octroi d’une grande autonomie aux établissements pourraient figurer en bonne place dans son programme. Comme il l’a répété plusieurs fois, il s’agirait de réussir dans l’enseignement scolaire la réforme de l’autonomie qu’il a mise en place dans les universités. Maryline Baumard

 

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