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2 novembre 2011

Les impasses d’une réponse nationale à la mondialisation. Sortir de la crise, par où commencer ?

par Jean-Marie Harribey, octobre 2011. Retrouvez la version intégrale de cet article dans Le Monde diplomatique d’octobre 2011, actuellement en kiosques, ou dans l’édition électronique. Alors que, en pleine bourrasque financière et boursière, l’Union européenne est menacée d’explosion, que les Etats-Unis s’agitent pour éviter la récession qui pointe, que l’Asie craint l’essoufflement, il n’est plus beaucoup de voix pour vanter la mondialisation. Pour autant, l’idée d’une « démondialisation » soulève des objections de fond que détaille le texte ci-dessous.

L’affaiblissement des sociétés sous les coups de boutoir de la finance a atteint un point limite : les structures de l’économie tremblent, et le voile idéologique qui brouillait ses représentations s’est déchiré. Les chantres de la mondialisation ont donc dû mettre une sourdine à leurs dithyrambes en faveur de l’efficience des marchés, et un débat a pris corps autour de l’antithèse : la démondialisation. Il a ceci d’original qu’il n’oppose pas les fervents de l’orthodoxie aux « antis » mais traverse les rangs des économistes et politiques qui s’étaient élevés contre la dictature des marchés financiers, en particulier au moment du combat contre le projet de traité constitutionnel européen.

Ces derniers mois, tribunes de presse, articles et livres ont mis sur la place publique les thèmes du protectionnisme, de la sortie de l’euro et de la démondialisation. Les arguments le plus souvent échangés renvoient à la nature de la crise que connaît le capitalisme, au cadre de régulation nécessaire et à la question de la souveraineté démocratique.

Depuis le début des années 1980, les structures du capital ont été construites de sorte qu’elles produisent la rentabilité maximale des placements financiers — la « création de valeur pour l’actionnaire » — pendant que la dévalorisation de la force de travail était systématiquement orchestrée. Celle-ci permet celle-là, à mesure que la liberté de circulation dont jouissaient les capitaux a rendu possible la mise en concurrence des systèmes sociaux et fiscaux. C’est ce que désigne l’euphémisme « mondialisation » : le redéploiement du capitalisme à l’échelle mondiale pour remédier à la crise du taux de profit qui sévissait à la charnière des années 1960-1970, la victoire des classes dominantes dont les actifs financiers priment sur les salaires, et l’obligation pour les structures de régulation de se conformer dorénavant aux exigences des marchés.

Deux décennies ont suffi pour mettre à bas cet échafaudage : dès le milieu de la décennie 2000, le taux de profit cesse de remonter aux Etats-Unis, et le crédit (…)

- Jean-Marie Harribey : Maître de Conférences à l’université Bordeaux-IV. Coauteur des livres d’Attac : Le Piège de la dette publique, Les Liens qui libèrent, Paris, 2011, et Retraites, l’heure de vérité, Syllepses, Paris, 2010.

 

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